Le devis CNC, produit depuis le scénario plutôt que ressaisi

En France, le devis d'un film ne se présente pas comme on veut : il se présente en séries normalisées, celles que le Centre national du cinéma et de l'image animée, les régions, les chaînes et votre coproducteur savent lire sans avoir à les traduire. C'est ce qu'on appelle couramment le devis CNC. Soldum le produit à partir du dépouillement du scénario : chaque ligne budgétaire est classée dans sa série dès qu'elle est créée, et le total, les charges sociales, les frais généraux et les imprévus se recalculent à chaque modification.

Cette page décrit le document lui-même — ce que recouvre chaque série, ce qui vient après elles, et à quels moments il vous est réclamé. Le chiffrage d'un film au sens large est traité sur la page consacrée au devis de production cinéma ; le cas des formats courts de commande, sur celle du devis de production audiovisuelle.

  • Devis structuré en neuf séries normalisées, avec sous-totaux et coût total du film.
  • Lignes déduites du dépouillement du scénario, chacune avec son unité, sa quantité et son prix unitaire.
  • Charges sociales calculées sur la masse salariale, pas saisies à la main.
  • Frais généraux et imprévus appliqués en pourcentage, recalculés à chaque version.
  • Versions successives historisées, une seule approuvée, exports Excel et PDF.
Une main pose un total sur une calculatrice, à côté de notes manuscrites sur un porte-bloc
Un devis CNC, c'est d'abord une arithmétique qui doit tenir : chaque série alimente un sous-total, et chaque sous-total alimente le coût du film.

Ce que le mot « devis CNC » désigne exactement

Il ne désigne pas un logiciel ni un formulaire à télécharger, mais une présentation : le devis d'un film français se lit en séries numérotées, dont l'ordre et le contenu sont connus de toute la profession. Ce n'est pas une contrainte administrative de plus, c'est un langage commun. Un lecteur qui reçoit vingt dossiers par mois sait où chercher la masse salariale, où vérifier la part de post-production, où trouver la provision pour imprévus. Un devis présenté dans un format maison l'oblige à reconstituer cette lecture, et ce travail se paie en délai d'instruction — parfois en questions auxquelles il faut répondre par une nouvelle version du document.

Les neuf séries, et ce que chacune recouvre

Les huit premières séries décrivent la fabrication du film, de l'achat des droits à la post-production ; la neuvième regroupe les assurances et les frais divers. La série 4 est à part : elle ne se saisit pas, elle se calcule sur les rémunérations portées par les séries 2 et 3. Le tableau ci-dessous récapitule leur contenu et indique celles que le dépouillement du scénario alimente directement — c'est-à-dire celles dont les quantités sont déjà dans le texte, pour peu qu'on l'ait lu correctement.

Les neuf séries du devis normalisé et leur origine dans Soldum
SérieCe qu'elle recouvreAlimentée par le dépouillement
1 — Droits artistiquesDroits d'auteur, adaptation, droits musicaux
2 — Personnel (équipe technique)Réalisation, image, son, script, régie, préparation
3 — InterprétationRôles principaux, doublures, silhouettes, figuration
4 — Charges socialesCalculée sur les rémunérations des séries 2 et 3Calculée
5 — Décors et costumesLocations, construction, accessoires, costumes, HMC
6 — Transports, défraiements, régieVéhicules, hébergement, repas, déplacements
7 — Moyens techniquesCaméra, optiques, lumière, machinerie, son
8 — Pellicules, laboratoire, post-productionMontage, étalonnage, VFX, mixage, master
9 — Assurances et frais diversAssurance production, communication, frais divers

Ce qui vient après les séries : charges, frais généraux, imprévus

Le coût total d'un film n'est pas la somme des neuf séries. S'y ajoutent les frais généraux de la société de production et une provision pour imprévus, tous deux exprimés en pourcentage — l'usage professionnel les situe autour de 6 à 8 % pour les premiers et de 8 à 12 % pour la seconde, selon le type de projet et l'interlocuteur. Ces trois montants ont un point commun qui fait toute la difficulté d'un devis tenu dans un tableur : ils sont dérivés. Les charges sociales dépendent de la masse salariale, donc du nombre de jours de chaque poste ; les frais généraux et les imprévus dépendent du total des séries, donc de tout le reste. Une journée de tournage ajoutée fait bouger les trois, et c'est exactement le report qu'on oublie de faire quand on travaille à la main. Dans Soldum, ils se recalculent à chaque modification, taux compris.

À quels moments le devis vous est réclamé

Le devis n'est pas un document qu'on produit une fois pour le déposer : c'est la pièce qui revient à chaque étape du financement, et il doit raconter la même histoire à chaque fois. Les dispositifs, les seuils et les pièces attendues évoluent et diffèrent d'un guichet à l'autre — vérifiez toujours la version en vigueur auprès de l'organisme concerné. Le tableau ci-dessous situe les moments où, en pratique, le devis sort du tiroir, et ce que votre lecteur y cherche en priorité.

Les moments où le devis circule, et ce qu'on y regarde
Moment du projetQui lit le devisCe qu'il y cherche en priorité
Recherche de financementProducteur délégué, coproducteursLa cohérence entre le devis et le plan de financement
Dépôt en commissionGuichets nationaux, fonds régionauxUne structure lisible et des dépenses localisables
Préachat ou coproduction diffuseurChaîne, plateformeLa part d'apport rapportée au coût total
Entrée en préparationDirecteur de production, régieLe détail poste par poste, avec unités et quantités
Fin du projetComptabilité de production, expert-comptableL'écart entre le devis approuvé et le coût définitif

Les quantités d'un devis sont déjà dans le scénario

C'est le point qu'un tableur ne résout pas, quel que soit le soin apporté à ses formules. Avant de chiffrer, il faut savoir combien de séquences se tournent, dans quels décors, avec quels comédiens et combien de jours chacun travaille, quels costumes, quels véhicules, quels besoins techniques. Ce travail — le dépouillement — est celui qui coûte des journées de directeur de production, pas la saisie des montants. Soldum le fait faire à l'IA sur le PDF ou le Final Draft que vous importez, vous le relisez, et les quantités relevées deviennent des lignes de devis : un nombre de jours de tournage devient du salaire technique et de la location de matériel, une liste de décors devient des postes de location, d'autorisations et de transport, un plan de travail devient des nuitées et des repas.

Salaires conventionnels, CDDU et charges sociales

Les rémunérations et les charges qu'elles portent constituent l'essentiel d'un devis de long métrage, et ce sont les montants qu'on ne peut pas se contenter d'inscrire une fois. Soldum appuie les salaires sur les grilles de la convention collective de la production cinématographique, compare les montants appliqués aux minima, et calcule les charges patronales sur la masse salariale plutôt que de les figer à la valeur de la version précédente. Les collaborateurs sont engagés en CDDU, le contrat d'usage des intermittents, dont la durée découle du plan de travail : c'est la même chaîne qui sert du scénario au coût, et c'est pour cela qu'un jour déplacé se répercute jusqu'à la série 4 sans intervention.

Chiffrer une modification avant de l'appliquer

En préparation, la question n'est presque jamais « combien coûte le film » mais « combien coûte ce changement ». Perdre un décor, ajouter une nuit, reculer le tournage d'un mois, remplacer un plan de grue par un travelling : chacune de ces décisions se prend en quelques heures, et le devis n'est réactualisé que bien plus tard, quand plus rien n'est arbitrable. Dans Soldum, le plan de travail et le devis sont deux vues de la même matière : vous déplacez la journée, et le coût du déplacement s'affiche — heures d'équipe, location de matériel prolongée, transports, défraiements — avant que vous ne validiez.

Deux techniciennes installent un projecteur sur une nacelle pendant la préparation d'un tournage en extérieur
Série 7, moyens techniques : une journée prolongée, et la location du matériel suit — c'est le report qu'un devis tenu à la main oublie.

Plusieurs versions, un seul devis de référence

Un devis vit en plusieurs états : la version déposée, celle qui revient après arbitrage, celle qui intègre un partenaire arrivé en cours de montage financier. Soldum les conserve toutes, datées et nommées, mais une seule est approuvée à un instant donné — c'est elle qui sert de référence au suivi des coûts. Les précédentes restent consultables sans entrer en concurrence avec elle, ce qui évite la situation classique où trois fichiers circulent et où personne ne sait lequel le coproducteur a validé. Chaque version s'exporte en Excel et en PDF, dans la présentation attendue.

Du devis au coût définitif

Le devis approuvé n'est pas la fin de l'histoire : c'est le point de comparaison de tout ce qui suit. Chaque poste porte ensuite son montant engagé — un devis prestataire accepté, une location confirmée, un contrat signé — puis son réalisé. L'alerte se déclenche sur l'engagé et non sur le réalisé, parce qu'un dépassement signalé au moment où l'on valide le devis du loueur laisse encore le choix entre renégocier, arbitrer ailleurs ou l'assumer, alors que le même dépassement découvert à l'arrivée des factures ne laisse plus rien à décider. Comme le suivi porte sur les postes issus du dépouillement, il n'y a aucune table de correspondance à maintenir entre la structure du devis et celle du suivi.

Ce que Soldum ne fait pas

Autant l'annoncer avant que vous n'ouvriez un compte. Soldum ne dépose aucun dossier à votre place et ne se substitue à aucun guichet : il produit le devis et ses exports, vous restez seul responsable de ce que vous déposez et du respect des règles en vigueur. Il ne tient pas votre comptabilité générale — écritures, journaux et bilan restent l'affaire de votre cabinet, à qui le suivi s'exporte — et ne gère pas la paie des intermittents : le devis calcule la masse salariale et les charges, l'établissement des bulletins reste ailleurs. Enfin, Soldum n'écrit pas de scénario : le texte s'importe, il ne se rédige pas ici.

Par où commencer

Le test le moins risqué se fait sur un projet dont vous connaissez déjà le coût : importez le scénario d'un film terminé et comparez le devis obtenu à celui que vous aviez monté. Vous jugez alors deux chiffrages du même texte, sans rien démonter de votre organisation. Les 7 jours d'essai gratuit suffisent à trancher. Côté formules, l'abonnement est facturé par compte et non par utilisateur : 49 € HT/mois en Solo pour un projet actif à la fois, 179 € HT/mois en Studio pour des projets illimités et toute l'équipe invitée sans surcoût par membre, avec 25 % de remise à l'engagement annuel.

Quel est votre besoin en pré-production ?

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Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un devis CNC ?

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C'est le devis d'un film présenté selon les séries normalisées utilisées en France, celles que le Centre national du cinéma et de l'image animée, les fonds régionaux, les chaînes et les coproducteurs savent lire directement. Neuf séries décrivent la fabrication, puis s'ajoutent les frais généraux et les imprévus pour former le coût total du film.

Comment Soldum construit-il le devis ?

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À partir du dépouillement du scénario : séquences, décors, personnages et jours de présence, costumes, véhicules, besoins techniques. Chaque quantité relevée devient une ligne de devis classée dans sa série, avec son unité, sa quantité et son prix unitaire, modifiable individuellement.

Les charges sociales et les frais généraux sont-ils calculés ?

+

Oui. Les charges sociales se calculent sur les rémunérations des séries 2 et 3, les frais généraux et les imprévus s'appliquent en pourcentage du total des séries. Les trois sont recalculés à chaque modification du devis, taux compris.

Quelle différence avec la page « devis de production cinéma » ?

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Celle-ci décrit le document et sa présentation normalisée — le contenu de chaque série, ce qui s'y ajoute, et les moments où il circule. La page devis de production cinéma décrit le module de chiffrage lui-même, et celle consacrée au devis de production audiovisuelle traite le cas des formats courts de commande.

Le devis s'exporte-t-il dans un format présentable ?

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Oui, en Excel et en PDF, avec les sous-totaux de série, les frais généraux, les imprévus et le coût total. Chaque version approuvée conserve sa date, ce qui permet de retrouver l'état exact du devis déposé à un moment donné.

Soldum garantit-il l'acceptation de mon dossier ?

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Non, et aucun outil ne le peut. Soldum produit un devis structuré, cohérent et exportable ; les critères d'éligibilité, les pièces attendues et les règles de chaque dispositif relèvent des organismes concernés, dont il faut vérifier les conditions en vigueur avant tout dépôt.

À lire aussi

Page informative. La présentation du devis, les dispositifs de soutien, les pièces attendues et les taux évoqués évoluent et diffèrent selon les guichets : vérifiez les règles en vigueur auprès du CNC, des fonds régionaux et des organismes sociaux concernés avant tout dépôt. Soldum ne se substitue à aucun de ces organismes.

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