La comptabilité de production n'est pas la comptabilité de l'entreprise. L'une tient les comptes d'une société sur un exercice, l'autre suit le coût de fabrication d'un projet, poste par poste, de la première estimation à la clôture. Elles n'ont ni le même découpage, ni le même rythme, ni les mêmes destinataires : un expert-comptable produit un bilan annuel, un directeur de production a besoin de savoir ce mercredi si la semaine de tournage qui commence tient encore dans son devis.
C'est pour cette raison qu'un logiciel de comptabilité générale ne répond jamais tout à fait à la question, et qu'un tableur de suivi de coûts finit toujours par diverger du devis dont il est censé partir. Soldum prend le problème par l'autre bout : le budget de référence est celui qu'a produit le dépouillement du scénario, les montants engagés viennent s'y accrocher ligne à ligne, et l'écart avec le réalisé se lit sans qu'on le reconstruise à la main chaque vendredi.
- Budget de référence issu du dépouillement, et non ressaisi dans un second outil
- Estimé, engagé et réalisé lus sur la même ligne de poste, avec alerte avant dépassement
- Masse salariale appuyée sur les grilles de la convention collective, charges recalculées à chaque modification
- Une seule version de devis approuvée à un instant donné : c'est elle qui sert de référence au suivi
- Exports Excel et PDF pour le cabinet comptable, les coproducteurs et les financeurs

Comptabilité générale, comptabilité de production : deux métiers, deux outils
La confusion est fréquente et coûteuse, parce qu'elle conduit à acheter le mauvais logiciel. La comptabilité générale enregistre des écritures, tient les journaux, sort une balance et un bilan : elle est réglementée, annuelle, et c'est le travail d'un cabinet ou d'un service dédié. La comptabilité de production, elle, suit le coût de fabrication d'un projet selon le découpage du devis — décors, équipe, matériel, post-production — sur la durée du projet et pas sur celle de l'exercice. Les deux doivent se parler, évidemment : les factures saisies en comptabilité générale sont le réalisé du suivi de production. Mais aucune n'est un sous-ensemble de l'autre, et aucun outil sérieux ne prétend faire les deux à la fois.
| Outil | Périmètre | Découpage | Rythme | Ce qu'on lui demande vraiment |
|---|---|---|---|---|
| Logiciel de comptabilité générale | La société | Plan comptable | Mensuel et annuel | Produire les comptes et les déclarations |
| Logiciel de paie | Les contrats | Bulletins et cotisations | Mensuel | Payer les intermittents et déclarer |
| Tableur de suivi de coûts | Le projet | Celui qu'on lui saisit | Quand quelqu'un le met à jour | Comparer prévu et dépensé |
| Soldum (devis issu du dépouillement, suivi rattaché) | Le projet | Celui du devis approuvé | À chaque modification | Savoir où en est le coût de fabrication |
Sans budget de référence fiable, il n'y a rien à suivre
Un suivi de coûts n'est jamais meilleur que le devis auquel il se compare. C'est la raison pour laquelle tant de tableaux de bord de production sont justes dans leur arithmétique et faux dans leur conclusion : ils comparent des dépenses réelles à un budget monté en quelques heures sur la base d'un scénario mal dépouillé, où deux décors ont été oubliés et où la figuration a été estimée au doigt mouillé. Dans Soldum, le devis descend du dépouillement : les postes viennent des scènes, des décors, des personnages et des besoins techniques réellement lus dans le scénario. Quand une séquence est coupée ou ajoutée, la ligne concernée bouge — et le suivi se compare toujours à quelque chose qui décrit le film qu'on tourne, pas celui qu'on avait imaginé six mois plus tôt.
Estimé, engagé, réalisé : trois colonnes, et c'est la deuxième qui sauve les projets
Beaucoup d'outils se contentent de deux colonnes, le prévu et le dépensé, et c'est précisément ce qui fait découvrir les dépassements trop tard. Entre les deux vit l'engagé : un devis prestataire accepté, une location confirmée, un contrat signé. L'argent n'est pas encore sorti, la facture n'est pas encore arrivée, mais la décision est prise et le montant n'est plus négociable. Dans Soldum, chaque poste porte ces trois montants, et l'alerte se déclenche sur l'engagé, pas sur le réalisé. La différence est très concrète : un dépassement signalé au moment où l'on valide le devis du loueur laisse le choix entre renégocier, arbitrer ailleurs ou l'assumer ; le même dépassement découvert au dépouillement des factures, trois semaines après le tournage, ne laisse plus rien à décider.
La masse salariale est le poste qui bouge tout seul
Sur un projet audiovisuel, les salaires et les charges représentent l'essentiel du budget, et ce sont les montants qu'on ne peut pas se contenter de saisir une fois : ils se déduisent des autres. Une journée de tournage ajoutée au plan de travail change le nombre de jours de chaque poste, donc la masse salariale, donc les charges patronales qui se calculent dessus. Soldum rattache les salaires et les cachets aux lignes du devis, compare les montants appliqués aux minima des grilles de la convention collective de la production audiovisuelle, et recalcule les charges à chaque modification au lieu de les figer à leur valeur de la version précédente. Les collaborateurs sont engagés en CDDU, le contrat d'usage des intermittents, dont la durée découle du plan de travail : c'est encore la même chaîne qui sert, du dépouillement au coût.
Les justificatifs arrivent en désordre — le découpage, lui, ne doit pas bouger
Le point de friction quotidien d'une comptabilité de production n'est pas le calcul, c'est le rapprochement. Une note de restaurant, une facture de loueur, un bon de commande, une avance en espèces sur le plateau : tout cela arrive à des dates qui n'ont aucun rapport avec le moment de la dépense, sous des libellés qui ne reprennent jamais l'intitulé du poste. Le tri est un travail humain, et il le restera. Ce qu'un outil peut supprimer, c'est la deuxième ressaisie : si le découpage du suivi est celui du devis approuvé, une dépense affectée une fois se retrouve dans l'écart du poste, dans le total du projet et dans l'export destiné au cabinet comptable, sans qu'on l'inscrive trois fois. C'est aussi ce qui rend une question comme « combien nous a coûté la semaine en extérieur ? » répondable sans reconstruire quoi que ce soit.

Une seule version fait référence, les autres restent consultables
Un devis de production vit en plusieurs états : la version envoyée en consultation, celle qui revient réduite après négociation, celle qui intègre un jour de tournage supplémentaire demandé en cours de route. Si le suivi de coûts ne sait pas laquelle fait foi, il compare des factures à un budget que plus personne n'assume. Soldum conserve toutes les versions, datées et nommées, mais une seule est approuvée à un instant donné : c'est elle, et elle seule, qui sert de référence au suivi. Les précédentes restent lisibles sans jamais entrer en concurrence avec elle. C'est une règle d'organisation autant qu'une fonctionnalité — elle évite la situation où deux fichiers circulent et où personne ne sait lequel le diffuseur ou le client a validé.
Rendre des comptes : coproducteurs, financeurs et cabinet comptable
Un projet audiovisuel doit expliquer son coût à plusieurs interlocuteurs qui ne lisent pas le même document. Les coproducteurs veulent l'état d'avancement par poste ; le cabinet comptable veut des montants rapprochables de ses écritures ; un financeur public ou un diffuseur attend un coût définitif présenté selon son propre cadre. Soldum n'invente pas ces formats et ne remplace pas le travail de mise en forme attendu par chaque guichet : ce qu'il fournit, c'est une base chiffrée cohérente et exportable en Excel et en PDF, avec le détail de chaque poste et l'historique des versions qui l'ont précédée. Les règles d'éligibilité, d'agrément et de justification des financements évoluent et dépendent du dispositif : elles se vérifient auprès de l'organisme concerné, pas dans un logiciel.
Tableur, logiciel de gestion ou chaîne intégrée : comment trancher
Le bon choix dépend moins de la taille de la structure que du nombre de projets menés en parallèle et de l'endroit où naît le budget. Un tableur reste imbattable sur un projet unique et court : gratuit, immédiat, modifiable par tout le monde — au prix d'une fiabilité qui repose entièrement sur la discipline de celui qui le tient. Un logiciel de gestion de production ou de comptabilité analytique devient rentable dès qu'on produit en continu et qu'on doit consolider plusieurs projets sur un exercice. Une chaîne intégrée sert un autre cas : celui où l'essentiel du travail est en amont, et où le devis doit descendre du scénario plutôt que d'être ressaisi. Transparence : Soldum édite l'une des solutions décrites ici.
| Méthode | Budget issu du dépouillement | Suivi de l'engagé | Charges recalculées | Consolidation multi-projets |
|---|---|---|---|---|
| Tableur de suivi tenu à la main | Si quelqu'un le saisit | |||
| Logiciel de comptabilité générale | Via la paie | |||
| Logiciel de gestion de production | Selon l'outil | Selon l'outil | ||
| Soldum (dépouillement, devis et suivi liés) |
Ce que Soldum ne fait pas, et qu'il vaut mieux savoir avant
Soldum n'est pas un logiciel de comptabilité générale : il ne tient pas vos journaux, ne produit ni balance ni bilan, et ne remplace pas votre expert-comptable. Il n'est pas non plus un logiciel de paie : il calcule ce que l'équipe coûte, pas ce qu'il faut déclarer ni éditer comme bulletin. Il ne facture pas vos clients, et la trésorerie qu'il suit est celle du film — ce qui est payé, ce qui reste à payer, ce que le devis prévoit encore —, pas celle de votre société. Il ne dit pas ce qui est légal — sur les conventions applicables, les obligations déclaratives ou les conditions d'un financement, votre conseil et l'organisme concerné savent mieux qu'un outil. Et rien n'est modifié dans le projet sans votre accord : les propositions de l'IA passent par une file de validation, avec leurs impacts affichés avant application. Ce que le logiciel supprime, c'est la ressaisie et le désaccord entre le devis et son suivi. Le reste est du métier.
Par où commencer, et ce que ça coûte
Le test le moins risqué n'est pas un projet fictif mais un projet réel, de préférence terminé : importez son scénario, laissez le devis se construire depuis le dépouillement, puis comparez-le au coût définitif que vous connaissez déjà. C'est la seule manière honnête de juger l'écart entre l'estimation automatique et votre réalité. Les sept jours d'essai gratuit y suffisent. Côté formules, l'abonnement est facturé par compte et non par utilisateur : 49 € HT/mois en Solo pour un projet actif à la fois, 179 € HT/mois en Studio pour des projets illimités et toute l'équipe invitée sans surcoût par membre, avec 25 % de remise à l'engagement annuel. Pour une société qui suit plusieurs productions en parallèle, compter au compte plutôt qu'au siège change le calcul.
Quel est votre besoin en pré-production ?
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un logiciel de comptabilité de production audiovisuelle ?
+
C'est un outil qui suit le coût de fabrication d'un projet selon le découpage de son devis — décors, équipe, matériel, post-production — de la première estimation à la clôture. Il se distingue d'un logiciel de comptabilité générale, qui enregistre les écritures d'une société sur un exercice selon le plan comptable, et d'un logiciel de paie, qui édite les bulletins et les déclarations.
Soldum remplace-t-il mon expert-comptable ou mon logiciel de paie ?
+
Non, et ce n'est pas son objet. Soldum ne tient pas les journaux, ne produit ni balance ni bilan et n'édite pas de bulletins de salaire. Il calcule et suit le coût de fabrication du projet ; les écritures et les déclarations restent le travail de votre cabinet et de votre outil de paie, auxquels il fournit des exports Excel et PDF détaillés.
D'où vient le budget de référence auquel les dépenses sont comparées ?
+
Du devis, lui-même construit à partir du dépouillement du scénario : postes déduits des scènes, des décors, des personnages et des besoins techniques. Une seule version de devis est approuvée à un instant donné, et c'est elle qui sert de référence au suivi ; les autres restent consultables sans entrer en concurrence avec elle.
Quelle différence entre montant engagé et montant réalisé ?
+
L'engagé correspond à une décision prise mais non encore payée : un devis prestataire accepté, une location confirmée, un contrat signé. Le réalisé correspond à la dépense constatée. Suivre l'engagé permet de voir venir un dépassement au moment où l'on peut encore arbitrer, au lieu de le découvrir à l'arrivée des factures.
Les salaires et les charges sont-ils recalculés automatiquement ?
+
Oui. Les rémunérations s'appuient sur les grilles de la convention collective de la production audiovisuelle, les engagements se font en CDDU et les charges patronales se calculent sur la masse salariale. Une journée ajoutée au plan de travail change le nombre de jours des postes concernés, et les montants suivent au lieu de rester figés à la version précédente.
Puis-je sortir un coût définitif pour un financeur ou un coproducteur ?
+
Vous disposez du détail par poste, de l'historique des versions et d'exports Excel et PDF à partir desquels le document attendu se compose. Soldum ne produit pas les formulaires propres à chaque dispositif de financement : leurs cadres de présentation et leurs règles de justification évoluent et se vérifient auprès de l'organisme concerné.
Est-ce adapté à une structure qui produit plusieurs projets par an ?
+
Pour le suivi projet par projet, oui : l'abonnement Studio couvre des projets illimités avec toute l'équipe invitée. Pour consolider plusieurs projets sur un exercice comptable, en revanche, c'est un logiciel de gestion ou une comptabilité analytique qui reste l'outil adapté — Soldum s'arrête au coût du projet.
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