Un book de PPM ne se présente pas, il se fait valider

Le book de PPM est le document que la production présente à l'agence et à l'annonceur quelques jours avant un tournage publicitaire. Il rassemble tout ce qui sera filmé — les intentions du réalisateur, le découpage, le casting, les décors, le stylisme, le produit, le planning et les livrables — pour qu'une seule réunion suffise à l'arrêter. Chercher sa structure est le bon réflexe : elle est stable d'une production à l'autre, parce qu'elle suit l'ordre dans lequel les décisions doivent tomber, pas un goût de présentation.

Ce qu'on comprend en le préparant, en revanche, c'est que la mise en page n'est pas le sujet. Un book réussi est un book qui obtient une validation écrite sur chaque point, et dont chaque page montre l'état réel du projet le jour de la réunion. Cette page décrit donc les deux choses : la structure complète d'un book de PPM, partie par partie, avec l'origine de chaque élément, et le moment précis où un deck recopié à la main commence à coûter plus cher que les décisions qu'il fait prendre.

  • La structure complète d'un book de PPM, partie par partie, et qui fournit chaque page
  • L'ordre de présentation, et pourquoi il décide du nombre d'allers-retours
  • Pourquoi on présente des options de casting et de décor, jamais un choix unique
  • Le produit et les livrables : les deux oublis qui se paient au tournage ou en post
  • Ce que le book montre du budget, et ce qu'il n'a pas à montrer
  • Deck à la main, PDF ou book assemblé depuis le projet : ce que chaque voie coûte après un changement
Personne épinglant des croquis et des références visuelles sur un panneau de liège
Un book de PPM commence là : des références et des options rassemblées. Il devient un document de travail le jour où quelqu'un doit les valider une par une.

Ce qu'un book de PPM doit obtenir, et ce que ça change à sa structure

Un book de PPM n'est pas un dossier de présentation : c'est un document de validation. Chaque page y existe parce qu'une décision doit être prise dessus, et la réunion se juge au nombre de pages sorties validées. Cette fonction explique presque toutes les conventions du document. On y présente des options parce qu'un refus doit déclencher un choix, pas un blocage. On y montre les photos de repérage telles qu'elles sont, pas retouchées, parce qu'une validation obtenue sur une image flatteuse ne tient pas au tournage. Et on y fait figurer le planning, qui n'a rien de créatif, parce qu'une décision prise sur le casting ou un décor se répercute dessus et que le client doit en voir le prix en jours. Un book construit comme une belle plaquette obtient des compliments et aucune validation ; la différence se mesure au compte rendu qu'on écrit le soir même.

La structure d'un book de PPM, partie par partie

La composition varie selon le film, mais l'ossature bouge peu : neuf parties, dans un ordre qui va du plus créatif au plus opérationnel. Le point intéressant n'est pas la liste — elle est connue — mais la colonne d'origine. Presque aucune partie du book ne s'écrit pour le book : chacune reprend un document qui existe déjà ailleurs, chez un chef de poste, dans le dépouillement ou dans le plan de travail. C'est ce qui rend le document long à tenir à jour, et c'est aussi ce qui explique les books périmés le jour de la réunion : ils ne vieillissent pas tout seuls, ils vieillissent parce que leur source a bougé sans eux.

Les parties d'un book de PPM, leur contenu et leur provenance
PartieCe qu'elle montreD'où elle vient
Rappel du brief et du script validéLa référence commune : le film tel qu'il a été commandéAgence et annonceur
Note d'intention du réalisateurTon, parti pris de mise en scène, références visuellesRéalisateur
Découpage (storyboard ou shooting board)Le film plan par plan, avec les durées et les valeurs de cadreRéalisateur, storyboarder
CastingUn choix principal et une ou deux alternatives par rôle, avec essaisDirecteur de casting
DécorsPhotos de repérage, plans d'implantation, modifications prévuesRepérages et régie
Stylisme, maquillage et coiffurePlanches de tenues par rôle, essais quand il y en aStyliste et HMC
Produit et accessoiresVersions, quantités, état, packshot, mentions légales à l'imageAnnonceur et accessoiriste
Planning de tournageJours, ordre des séquences, horaires, solution de repli météoPlan de travail (dépouillement)
Post-production et livrablesDurées, formats, déclinaisons, musique et droitsProduction et agence

L'ordre des parties décide du nombre d'allers-retours

L'ordre d'un book n'est pas une question de dramaturgie, c'est une question de dépendances. Les intentions du réalisateur passent avant le découpage parce qu'on ne discute pas un plan sans savoir quel film on fabrique. Le découpage passe avant le casting et les décors parce qu'il dit combien de personnages apparaissent réellement à l'image et dans quels lieux. Le planning passe après tout le reste parce qu'il en est la conséquence arithmétique : trois décors validés au lieu de deux font une journée de plus, et ce n'est visible qu'une fois les décors arrêtés. Inverser deux parties produit toujours le même effet en réunion — une décision prise tôt se rouvre dix minutes plus tard, et chaque réouverture coûte le quart d'heure qui manquera aux livrables en fin de séance.

Les intentions et le découpage : les deux parties qu'on ne délègue pas

Ce sont les seules pages du book dont le contenu s'écrit vraiment, et elles portent l'essentiel du risque créatif. La note d'intention sert à obtenir un accord sur le registre du film — le ton, le rythme, la lumière, le traitement du produit — avant que la discussion ne porte sur des détails. Le découpage sert à obtenir un accord sur ce qui sera effectivement tourné : plan par plan, avec les durées, parce qu'un film de trente secondes ne contient pas tout ce qu'un client imagine y mettre. Le réflexe utile est de faire apparaître dans le découpage ce qui n'y sera pas : un plan abandonné, une valeur de cadre écartée. Un book qui montre seulement le résultat laisse croire que tout le reste est encore possible, et c'est ce malentendu qui se transforme en demande de dernière minute.

Casting, décors, stylisme : présenter des options, jamais un choix

La règle vaut pour les trois parties et elle a la même raison : une validation est un choix entre des possibilités, pas un vote sur une proposition unique. Un seul comédien présenté par rôle transforme un désaccord en impasse, et il faut reconvoquer une réunion ou trancher par courriel sous contrainte de temps. Deux ou trois propositions, avec leurs conséquences dites franchement — celui-là est disponible le 14, celui-là coûte une journée de plus, ce décor-là impose une autorisation de voirie —, transforment le même désaccord en décision prise dans la minute. La contrepartie à ne pas oublier : une option présentée est une option pré-vérifiée. Montrer un décor qu'on n'a pas obtenu, ou un comédien qu'on n'a pas posé en option, c'est faire valider ce qu'on ne pourra pas livrer.

Le produit et les livrables : les deux oublis les plus coûteux

Ce sont les parties les moins séduisantes d'un book et celles qui produisent le plus de surprises quand elles sont traitées vite. Pour le produit : quelles versions apparaissent à l'image, en quelle quantité, dans quel état, qui les fournit et quand, qui les manipule au plateau, quelles mentions légales doivent rester lisibles. Un packaging livré la veille dans la mauvaise déclinaison arrête un tournage aussi sûrement qu'une panne de caméra. Pour les livrables : les durées, les formats, les déclinaisons par territoire ou par réseau, les versions sous-titrées, la musique et l'étendue des droits. L'oubli classique est de les traiter comme un sujet de post-production, alors qu'ils déterminent parfois le tournage lui-même — un format vertical à livrer en plus se décide avant de poser la caméra, pas après.

Ce que le book montre du budget, et ce qu'il n'a pas à montrer

Sur un film publicitaire, le budget est en général arrêté à l'attribution : la PPM ne le renégocie pas. Le book n'a donc pas à présenter une ventilation de devis, et il y a une bonne raison de ne pas le faire — ouvrir le détail des postes en réunion revient à inviter une discussion ligne par ligne au moment où l'on cherche des validations créatives. Ce que le book doit en revanche porter, c'est la conséquence chiffrée de chaque option présentée : une journée supplémentaire, un décor en studio au lieu d'un extérieur, un comédien supplémentaire. Dit au moment du choix, c'est un arbitrage ; découvert dans un avenant deux jours plus tard, c'est un litige. La règle pratique tient en une phrase : le book montre ce que coûtent les décisions qu'il demande, pas ce que coûte le film.

Présenter le book : la réunion ne le lit pas, elle l'arbitre

Un book de PPM n'est pas un document qu'on envoie pour lecture, c'est un support qu'on déroule devant des gens qui décident. Deux conséquences pratiques. D'abord, chaque page doit se comprendre seule, parce qu'on y revient dans le désordre quand une question en rouvre une : une planche de casting sans le nom du rôle, ou une photo de décor sans la séquence concernée, oblige à reconstituer le contexte à chaque retour. Ensuite, quelqu'un doit tenir le relevé pendant la séance — décision prise, point resté ouvert, responsable, date — parce qu'un arbitrage qui n'est pas noté dans l'heure devient un souvenir contradictoire la semaine suivante. Le book ne remplace pas ce relevé : il en est l'ordre du jour.

Équipe réunie autour d'une table de réunion, examinant des documents imprimés
C'est ici que le book se juge : au nombre de pages qui sortent validées de la réunion, pas à sa mise en page.

Deck à la main, PDF ou book assemblé depuis le projet

Trois façons de produire un book de PPM coexistent, et elles ne se distinguent pas par le rendu — toutes sortent un document présentable — mais par ce qui se passe quand le projet bouge. Le deck monté à la main dans un outil de présentation donne la plus grande liberté de mise en page, au prix d'une ressaisie complète à chaque changement de casting ou de planning. Le PDF assemblé depuis des fichiers séparés gèle le document, ce qui est précisément ce qu'on veut pour la version présentée, mais ne dit pas quand sa source a changé. Le book assemblé depuis les données du projet supprime la ressaisie, parce que la planche de casting et la fiche du rôle sont le même objet vu de deux côtés. Transparence : Soldum édite l'une des solutions décrites ici, et cette page est publiée par son éditeur.

Trois façons de produire et de tenir un book de PPM
MéthodeLiberté de mise en pageSans ressaisie du contenuSe met à jour quand le projet bougeVersion présentée conservée telle quelle
Deck monté à la main (outil de présentation)Si on archive le fichier
PDF assemblé depuis des fichiers séparésEn partie
Outil de pré-production avec export de bookSelon l'outilSelon l'outilSelon l'outil
Soldum (production book tiré du projet, versions figées)Gabarit imposé

Après la PPM : la version qui fait foi

Le book cesse d'être un outil de préparation à la fin de la réunion et devient une pièce de référence : c'est lui, assorti du compte rendu, qui dit ce qui a été commandé. D'où une exigence qu'on néglige souvent — la version présentée doit rester consultable telle qu'elle a été présentée, même si le projet continue d'avancer. Un document vivant qui se met à jour tout seul est excellent pour préparer et dangereux pour arbitrer : trois semaines plus tard, personne ne peut plus montrer ce qui avait été validé. Dans Soldum, le production book s'assemble depuis les données du projet — casting avec le statut de chaque rôle, décors, costumes, planning par journée, total du devis — puis se fige en version datée au moment de l'envoi. Le destinataire l'ouvre par un lien révocable, qui montre le total sans ouvrir la ventilation des postes. Le projet continue de bouger derrière ; la version présentée, elle, ne bouge plus.

Quand le book à la main cesse d'être la bonne réponse

Il n'y a pas de seuil universel, mais il y a un symptôme. Sur un film unique, avec un casting de deux rôles et une journée de tournage, le deck monté à la main gagne : il ne coûte rien et vous le maîtrisez. Le basculement arrive quand vous recopiez la même information pour la troisième fois — une fois dans le dépouillement, une fois dans le plan de travail, une fois dans le book —, quand vous préparez plusieurs films en parallèle avec des PPM à quelques jours d'écart, ou quand vous passez plus de temps à vérifier que le book correspond encore au projet qu'à choisir les options que vous allez présenter. Le signe à surveiller n'est pas la taille du film, c'est le temps passé à recopier plutôt qu'à décider.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un book de PPM ?

+

C'est le document que la société de production présente à l'agence et à l'annonceur pendant la PPM (pre-production meeting), quelques jours avant un tournage publicitaire. Il rassemble les intentions du réalisateur, le découpage, le casting, les décors, le stylisme, le produit, le planning et les livrables, pour que tout soit validé en une réunion. On l'appelle aussi deck de PPM.

Que doit contenir un book de PPM ?

+

Le rappel du brief et du script validé, la note d'intention du réalisateur, le découpage plan par plan, les planches de casting avec des alternatives par rôle, les photos de repérage des décors, les planches de stylisme et de maquillage-coiffure, le produit et les accessoires avec leurs mentions légales, le planning de tournage et sa solution de repli, puis la post-production et les livrables.

Qui prépare le book de PPM ?

+

La société de production, avec le réalisateur. Les chefs de poste fournissent leur partie : le directeur de casting les planches de comédiens, la régie et les repérages les photos de décors, le styliste les planches de tenues, le directeur de production le plan de travail provisoire.

Quelle est la différence entre le book de PPM et le compte rendu de PPM ?

+

Le book est l'ordre du jour : il présente ce qui doit être validé. Le compte rendu est le résultat : il liste les décisions prises, les points restés ouverts avec un responsable et une date, et les demandes qui modifient le périmètre chiffré. C'est le compte rendu, pas le book, qui fait foi en cas de désaccord au tournage.

Faut-il présenter le budget dans le book de PPM ?

+

Pas sa ventilation : sur un film publicitaire, le budget est en général arrêté à l'attribution et la PPM ne le renégocie pas. En revanche, chaque option présentée doit venir avec sa conséquence chiffrée — une journée de plus, un décor en studio, un comédien supplémentaire — dite au moment du choix plutôt que découverte dans un avenant.

Combien de pages fait un book de PPM ?

+

Il n'y a pas de norme, et le nombre de pages n'est pas un indicateur utile : un book suit le nombre de plans, de rôles et de décors du film. Le critère pratique est qu'aucune page ne doit exister sans une décision à prendre dessus — une page qui n'attend rien du client allonge la réunion sans rien valider.

Peut-on utiliser un modèle de book de PPM ?

+

Oui, et la structure décrite sur cette page en est le contenu : elle est stable d'une production à l'autre. La limite d'un modèle est la même que pour tout document recopié à la main — il est juste le jour où vous le remplissez et périmé dès que le casting ou le planning bouge, ce qui arrive presque toujours entre la préparation du book et la réunion.

À lire aussi

Page informative et non contractuelle. Les usages décrits (composition du book, déroulé de la PPM, répartition des responsabilités) relèvent de la pratique professionnelle et varient selon les productions, les agences et les annonceurs ; ils ne se substituent pas aux stipulations de votre contrat de production. Les marques citées appartiennent à leurs titulaires respectifs. Soldum édite l'une des solutions décrites.

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