Un modèle de feuille de service ne vous fera gagner que la première journée

La feuille de service est la convocation officielle d'une journée de tournage : qui se présente, où, à quelle heure, et ce qui sera tourné. C'est le seul document que toute l'équipe lit réellement, et le seul qui engage la production sur un horaire. Chercher un modèle est donc le bon réflexe de départ — il vous dit quelles rubriques existent, dans un ordre qu'un premier assistant reconnaîtra, et vous évite d'inventer une structure la veille du premier jour.

Ce qu'un modèle ne fait pas, en revanche, c'est tenir la distance. Il est parfait pour la journée 1 et devient un piège à partir de la journée 2, quand la météo inverse deux décors, qu'un comédien se libère plus tard et que trois versions du même PDF circulent dans la boîte mail de l'équipe. Cette page décrit donc les deux choses : la structure complète d'une feuille de service, rubrique par rubrique, et le moment précis où recopier un modèle coûte plus cher que de le générer depuis le plan de travail.

  • La liste complète des rubriques d'une feuille de service, et l'origine de chacune
  • Ce qui relève d'une extraction du plan de travail, et ce qui se saisit vraiment
  • Les mentions pratiques qu'on oublie et qui coûtent une heure de plateau
  • Le repos entre deux journées : la contrainte que le modèle ne vérifie jamais
  • Modèle Word, tableur ou chaîne intégrée : ce que chaque voie coûte après un changement
  • Pourquoi le vrai sujet d'une feuille de service n'est pas sa mise en page, mais sa version
Mains annotant au stylo un planning imprimé posé sur un bureau, à côté d'un clavier d'ordinateur
Un modèle se remplit à la main, journée après journée — c'est ce qui le rend utile le premier jour et coûteux dès le deuxième.

Ce qu'une feuille de service engage, et pourquoi la structure compte

Une feuille de service n'informe pas : elle convoque. C'est le document qui fait foi sur l'heure d'appel de chacun, sur le lieu de rendez-vous et sur l'ordre des scènes prévues. Sa fonction est de rendre une journée exécutable sans qu'aucun membre de l'équipe ait à téléphoner à la production pour vérifier un détail — et c'est à cette aune qu'un modèle se juge. Une rubrique manquante ne produit pas un document moins beau, elle produit un appel téléphonique à six heures du matin, puis dix autres. C'est pourquoi la structure d'une feuille de service est remarquablement stable d'une production à l'autre, du court métrage au long : elle n'est pas un choix de présentation, c'est la liste des questions qu'une équipe se pose avant de partir.

Les rubriques d'un modèle de feuille de service, et d'où vient chaque information

Le premier constat en remplissant un modèle, c'est que presque rien n'est à écrire : l'essentiel se recopie depuis des documents qui existent déjà. L'heure de convocation et la fin prévue viennent du plan de travail ; le décor, l'intérieur ou l'extérieur, le jour ou la nuit et le nombre de figurants viennent du dépouillement ; les comédiens convoqués et leurs heures d'appel viennent du croisement des deux. Seules les notes de production relèvent d'une véritable écriture. Le tableau ci-dessous reprend la structure complète d'une feuille de service et indique, pour chaque rubrique, si elle se saisit ou se recopie — c'est cette colonne, plus que la liste elle-même, qui explique pourquoi la rédaction manuelle fatigue.

Structure d'une feuille de service et origine de chaque rubrique
RubriqueSaisie réelleDocument d'origine
En-tête : titre, numéro de journée, date, productionFiche du projet
Contacts : production, régie, premier assistantÉquipe du projet
Convocation générale et fin de journée prévuePlan de travail
Décor du jour, adresse et point de rendez-vousRepérages et plan de travail
Scènes à tourner (numéro, INT/EXT, jour/nuit, résumé)Dépouillement
Comédiens convoqués, rôles et heures d'appelCasting et plan de travail
Figuration : effectif, convocation, costumesDépouillement
Équipe convoquée, poste par posteÉquipe et plan de travail
Besoins techniques : machinerie, lumière, effets, véhiculesDépouillement
Repas : horaire, lieu, nombre de couvertsEn partieRégie et effectifs convoqués
Accès, stationnement, base techniqueSaisie par la régie
Météo et heures de lever et coucher du soleilEn partieDate et lieu de la journée
Consignes de sécurité et hôpital le plus procheSaisie par la production
Notes de production et mot du réalisateurSaisie par la production
Aperçu de la journée suivantePlan de travail

L'en-tête : qui convoque, et qui appeler quand ça dérape

L'en-tête paraît décoratif et ne l'est jamais. Il porte le titre du projet, le numéro de la journée rapporté au total — « jour 7 sur 23 » situe un retard mieux qu'une date —, la date, le nom de la société de production et, surtout, les contacts joignables le jour même. Trois numéros suffisent et doivent y être : la production, la régie et le premier assistant réalisateur. L'erreur classique consiste à reprendre l'en-tête du modèle téléchargé sans remplacer les contacts par ceux de la journée en cours : sur un tournage où l'équipe de régie tourne, le numéro imprimé la semaine précédente renvoie vers quelqu'un qui n'est plus sur le plateau. Une feuille de service se lit sur un téléphone, debout, dans le noir : les contacts doivent être en haut, pas en annexe.

Les horaires : convocation, repas, fin prévue

C'est la rubrique sur laquelle la feuille de service engage le plus, et celle où les modèles induisent le plus en erreur, parce qu'ils ne proposent souvent qu'une seule case « heure de convocation ». Or une journée en comporte plusieurs : la convocation générale de l'équipe technique, celle des comédiens — décalée du temps de maquillage et d'habillage —, celle de la figuration, l'heure du premier tour de manivelle, la coupure repas et la fin prévue. Confondre convocation générale et premier plan tourné revient à faire arriver les comédiens une heure trop tôt ou l'équipe une heure trop tard, et personne ne s'en aperçoit avant le matin. Un modèle qui n'a qu'une colonne d'horaire vous oblige à inventer une convention de lecture ; mieux vaut en choisir un qui distingue explicitement les appels par groupe.

Les scènes du jour, dans l'ordre où elles seront tournées

La liste des scènes n'est pas l'ordre du scénario : c'est l'ordre de tournage, décidé par le plan de travail pour grouper les décors, les effets et les disponibilités. Chaque ligne porte le numéro de séquence, l'indication intérieur ou extérieur, jour ou nuit, le décor, un résumé d'une ligne, les personnages présents, le nombre de figurants et, selon les productions, le métrage ou le nombre de pages. Ce dernier chiffre mérite qu'on s'y arrête : c'est le seul indicateur qui permette de dire en fin de journée si l'on a tourné ce qui était prévu. Un modèle qui l'omet produit des feuilles parfaitement lisibles et un suivi d'avancement impossible — on sait quelles scènes restent, jamais combien de journées elles représentent.

Qui est convoqué : comédiens, figuration, équipe

Trois listes distinctes, trois logiques différentes. Les comédiens se convoquent individuellement, avec un statut par journée — présent, en repos, en attente de confirmation —, et c'est de ce tableau par rôle et par jour que découlent les contrats et la paie. La figuration se convoque en effectif et par groupe, avec son propre horaire et ses consignes de costume. L'équipe technique se convoque par poste, et son effectif ne varie que ponctuellement : un machiniste supplémentaire pour un jour de travelling, un renfort électro pour une nuit. L'erreur fréquente des modèles génériques est de fondre les trois dans un seul tableau de noms : on perd alors l'information la plus utile, qui est la raison pour laquelle telle personne est là ce jour-là, et le premier assistant la reconstitue de mémoire.

Les mentions pratiques qu'on oublie, et qui coûtent une heure de plateau

Ce sont les lignes qu'aucun modèle ne remplit à votre place et que personne ne réclame jusqu'au matin où elles manquent. L'adresse exacte du point de rendez-vous, qui n'est pas toujours celle du décor. Le stationnement : où se garent les véhicules techniques, où se garent les autres, et avec quelle autorisation. L'emplacement de la base technique, des loges et de la cantine. L'heure et le lieu du repas, avec le nombre de couverts. Les heures de lever et de coucher du soleil, qui décident d'une journée en extérieur bien plus sûrement que la météo annoncée. Les consignes de sécurité propres au décor, et l'adresse de l'hôpital le plus proche. Enfin l'aperçu du lendemain, une ligne, qui évite à l'équipe de s'organiser sur une rumeur.

Le repos entre deux journées : la contrainte qu'un modèle ne vérifie jamais

Un modèle de feuille de service accepte n'importe quelle heure de convocation, y compris celle qui ne laisse pas assez de repos après une fin de journée tardive. C'est pourtant la contrainte la plus structurante d'un plan de travail : le code du travail fixe un repos quotidien minimum, que les conventions collectives de la production audiovisuelle et cinématographique peuvent aménager selon les cas. Le point à retenir est méthodologique plutôt que juridique : la règle se vérifie entre la fin prévue d'une journée et la convocation de la suivante, donc entre deux feuilles de service — jamais à l'intérieur d'une seule. Un document autonome, par construction, ne peut pas la contrôler. Si vous travaillez sur modèle, faites cette vérification à part, sur le plan de travail, avant de diffuser quoi que ce soit.

Le vrai défaut d'un modèle n'est pas sa mise en page, c'est sa version

Sur un tournage, une feuille de service n'est presque jamais écrite une seule fois. Un décor se décale, la météo impose d'inverser deux journées, un comédien se libère plus tard : la feuille du lendemain change, et parfois celle de la semaine suivante. Le risque n'est pas de mal présenter le document, il est qu'un machiniste se présente à l'heure de la version précédente. C'est là que le modèle atteint sa limite, et ce n'est pas une question de qualité du modèle : un fichier joint à un e-mail n'a aucun moyen de se mettre à jour, et une équipe de quarante personnes n'a aucun moyen de savoir laquelle des trois pièces jointes fait foi. Le seul remède, à modèle constant, est disciplinaire : numéroter les versions, dater l'heure d'émission, et rediffuser intégralement plutôt que par correctif.

Équipe de tournage réunie autour d'une caméra sur un décor extérieur, avec un clap et des comédiens en place
Une feuille de service réussie se mesure ici : tout le monde au bon endroit, à la bonne heure, sans avoir eu à appeler la production.

Modèle Word, tableur ou génération depuis le plan de travail

Trois façons de produire des feuilles de service coexistent, et elles ne se distinguent pas par le rendu — toutes sortent un document lisible — mais par ce qui se passe après un changement. Le modèle Word est gratuit et souple, mais chaque modification du planning s'y ressaisit à la main. Le tableur ajoute du calcul et de la liste déroulante, au prix d'une mise en page fragile dès qu'on exporte en PDF. La génération depuis le plan de travail supprime la ressaisie, parce que la journée du planning et la feuille de service sont le même objet vu de deux côtés. Transparence : Soldum édite l'une des solutions décrites ici, et cette page est publiée par son éditeur.

Trois façons de produire les feuilles de service d'un tournage
MéthodeGratuitSans ressaisie du contenuSe régénère après un changement de planningDiffusion et confirmations suivies
Modèle Word
TableurEn partie
Logiciel de planning avec export PDFSelon l'outilSelon l'outil
Soldum (dépouillement, plan de travail et feuilles liés)Essai de 7 jours

Quand passer du modèle à la génération

Il n'y a pas de seuil universel, mais il y a un symptôme. Tant que vous remplissez une feuille de service par jour sur un tournage de trois jours, le modèle gagne : il ne coûte rien et vous le maîtrisez. Le basculement se produit quand vous vous surprenez à recopier la même information pour la troisième fois — une fois dans le dépouillement, une fois dans le plan de travail, une fois dans la feuille — ou quand vous passez plus de temps à vérifier que l'équipe lit la bonne version qu'à préparer la journée. Dans Soldum, la feuille de service n'est pas un module à part : c'est la sortie d'une journée du plan de travail, qui découle lui-même du dépouillement du scénario. Vous ne « faites » pas les feuilles de service, vous validez le plan de travail et elles existent ; chaque modification produit une nouvelle version horodatée, et le lien envoyé à l'équipe affiche toujours la dernière.

Ce qu'un modèle garde de juste

Autant finir par là, parce que c'est ce que l'on oublie en passant à un outil : un modèle de feuille de service encode une connaissance de métier réelle. L'ordre des rubriques n'est pas arbitraire, la séparation des appels par groupe non plus, et la place des contacts en haut de page vient de dizaines de tournages où ils étaient ailleurs. Un bon logiciel ne remplace pas cette structure, il la reprend et cesse de vous demander de la retaper. C'est aussi pourquoi un document incomplet ne devient pas complet parce qu'il est généré : si le dépouillement ignore le décor d'une scène, si le casting ne dit pas quel comédien joue quelle séquence, la feuille sortira creuse quel que soit l'outil. La bonne question à poser à un modèle comme à un logiciel reste la même : d'où viennent les champs.

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Questions fréquentes

Que doit contenir une feuille de service de tournage ?

+

L'en-tête du projet avec la date et le numéro de journée, les contacts joignables le jour même, les heures de convocation par groupe, le décor et son adresse, les scènes à tourner dans l'ordre de tournage, les comédiens et la figuration convoqués, l'équipe par poste, les besoins techniques, le repas, les informations d'accès et de sécurité, et un aperçu de la journée suivante.

Où trouver un modèle de feuille de service gratuit ?

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Les modèles Word et tableur circulent librement entre productions, et la structure qu'ils reprennent est stable d'un tournage à l'autre. Le tableau de cette page en donne la liste complète, rubrique par rubrique : elle suffit à construire votre propre modèle, ou à vérifier qu'un modèle trouvé ailleurs ne laisse rien de côté.

Quelle différence entre une feuille de service et un plan de travail ?

+

Le plan de travail couvre tout le tournage : il répartit les scènes en journées, dans un ordre qui groupe les décors et respecte les disponibilités. La feuille de service est la vue d'une seule de ces journées, diffusée à l'équipe sous forme de convocation. L'une est l'outil de la production, l'autre le document de l'équipe.

Qui rédige la feuille de service sur un tournage ?

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Le premier assistant réalisateur en est responsable sur la plupart des productions, souvent avec le second assistant pour la saisie et la régie pour les informations pratiques. Elle est validée par la production avant diffusion, puisqu'elle engage sur les horaires.

Quand la feuille de service doit-elle être diffusée ?

+

La veille au soir est l'usage, et il tient à une raison pratique : chacun doit pouvoir organiser son trajet et son repos une fois la journée précédente terminée. Une feuille diffusée le matin même n'est pas lue par ceux qui sont déjà partis de chez eux.

Comment gérer les changements après la diffusion d'une feuille de service ?

+

Avec un modèle, la seule méthode fiable est disciplinaire : numéroter les versions, dater l'heure d'émission et rediffuser le document entier plutôt qu'un correctif. Avec une chaîne intégrée, le plan de travail se recalcule et les journées concernées repartent en nouvelle version horodatée sur le même lien, sans second document à envoyer.

Faut-il un logiciel pour faire ses feuilles de service ?

+

Pas sur un tournage de quelques jours : un modèle bien structuré suffit et ne coûte rien. L'intérêt d'un outil apparaît quand le planning bouge souvent, quand l'équipe dépasse la dizaine de personnes ou quand vous recopiez la même information depuis le dépouillement pour la troisième fois.

À lire aussi

Page informative et non contractuelle. Les règles de durée du travail, de repos quotidien et de convocation applicables à un tournage relèvent du code du travail et des conventions collectives de la production audiovisuelle et cinématographique, et évoluent. Vérifiez les dispositions en vigueur auprès des organismes compétents et de vos conseils avant d'établir vos convocations. Soldum édite l'une des solutions décrites.

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